À la suprise générale, le compagnon de route du CCIF Nicolas Cadène reste rapporteur de l’observatoire de la laïcité

L’ancien membre de la Ligue des droits de l’homme et d’Amnesty International, partenaire de la campagne de Ségolène Royal en 2007, auteur pour Mediapart d’en appeler à voter Macron en 2017, Nicolas Cadène, 39 ans, actuellement rapporteur général de l’Observatoire de la Laïcité (organe consultatif créé en 2013) est reconduit dans ce poste, contre toute attente.

Depuis sa critique des arrêtés anti-burkini en août 2016, en passant par son adoubement des accompagnatrices portant le voile islamique (NB: contre l’avis de 62% des français), il est toujours allé dans le sens des intérêts des islamistes. Mais depuis l’assassinat de Samuel Paty, et la procédure de dissolution du CCIF (dont Nicolas Cadène était un des relais les plus influents), il était bel et bien sur la sellette.

« Il semble plus préoccupé par la lutte contre la stigmatisation des musulmans que par la défense de la laïcité. Le fait qu’il s’affiche et discute avec le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France) a achevé d’agacer en très haut lieu »

Un conseiller ministériel à Matignon, cité par Le Point

« Il semble plus préoccupé par la lutte contre la stigmatisation des musulmans que par la défense de la laïcité »

Nicolas Cadène était pourtant dans le viseur de l’entourage de Marlène Schiappa, dont les menaces à son encontre n’étaient qu’à peine voilées (si vous me passez le jeu de mots). Son départ était même il y a quelques jours seulement, « acté »:

« L’Observatoire de la laïcité doit évoluer, parce qu’on ne peut pas se contenter de publication de rapports et de guides pédagogiques pour accompagner l’action du gouvernement (…) Dans ce genre de structure, on a besoin de gens convaincus, de vrais laïques, pas de gens qui plaident pour une « laïcité d’apaisement » ou qui sont obnubilés par les dérives d’extrême droite alors que les militants islamistes piétinent tous les jours la République (…) Il peut toujours expliquer qu’il est important de ne pas donner des armes au discours victimaire, c’est pourtant ce qu’il s’est employé à faire des dernières années, il n’est plus crédible. »

Un proche de Marlène Schiappa au ministère de la citoyenneté, cité par Le Monde

Bras droit de Jean-Louis Bianco, Nicolas Cadène est critiqué par la droite et la gauche de concert. Ainsi, dès janvier 2016, les deux hommes avaient été priés, pour les même motifs, de démissionner par Manuel Valls, dans le dos de François Hollande, duquel Jean-Louis Bianco est un proche, à l’époque où il signait une tribune avec le CCIF.

Le 11 janvier, trois membres du Comité Laïcité République, agacé par l’attaque de Nicolas Cadène sur Twitter contre la philosophe Elisabeth Badinter, qui remet en cause le terme d’islamophobe, annoncent dans un communiqué leur décision de « suspendre [leur] participation aux travaux de l’Observatoire de la laïcité tant que le rapporteur général ne se sera pas excusé ou qu’il n’aura pas été désavoué »

Mais la vague est passée. Le poids de toute l’intelligentsia de la gauche bien-pensante (qui a renouvelé son soutien à Cadène) est sans doute trop forte.

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