Julien Aubert et Oser la France: «Osons sortir du marché européen de l’énergie!»

Il faut sortir du marché européen de l’énergie eau plus vite, plaide les élus et les membres d’Oser la France, dirigé par l’ancien député Julien Aubert, dans une tribune ouverte à l’Opinion. Et sortir de l’impuissance et les palabres dans lesquels nous enferme Emmanuel Macron :

Au mois de septembre 2022, le président de la République français déclarait :

« Nous sommes en train de renégocier les prix du gaz et de l’électricité, de refaire fonctionner nos marchés du gaz et de l’électricité. Dans les prochaines semaines, on va veiller collectivement en Européens et avec les Américains et d’autres à retrouver des prix plus raisonnables et donner de la visibilité sur les prix du gaz et de l’électricité pour que tout cela soit soutenable. »

Plusieurs mois après, nos boulangers, restaurateurs, entrepreneurs, industriels subissent de plein fouet la hausse des prix, multipliés jusqu’à six fois. Ceci pour avoir attendu, à la demande de M. Macron, pour renouveler leurs contrats. Désormais, le Président en est réduit à demander aux fournisseurs de renégocier ces contrats tout en multipliant les rustines sur une facture exponentielle. Différer les paiements, comme le propose le gouvernement, c’est différer le dépôt de bilan !

Ne soyons pas dupes des justifications de circonstance maintes fois entendues en faveur d’un statu quo du marché européen de l’énergie. L’exécutif invoquera bien entendu la guerre en Ukraine, comme si l’Europe traversait une crise conjoncturelle. Erreur ! Bien avant elle, faute d’anticipation des exécutifs européens, la machine du marché européen de l’électricité commençait à se gripper.

Le manque d’offre après la réduction notable de capacités pilotables (suppression de 10 Giga-Watts (GW) en dix ans en France dont 2 GW avec la fermeture de Fessenheim) s’est ajouté à une moindre facilité d’approvisionnement de l’Europe qui a abouti à une hausse notable du prix du gaz (arrêt de champs gaziers européens, difficultés avec certains fournisseurs étrangers comme la Russie et l’Algérie, concurrence avec la demande chinoise…). Signe du dérèglement du marché de l’électricité, le « prix spot » a atteint 1022 €/MWh le 30 août 2022 , et fut négatif le 31 décembre 2022 !


Passivité

Malgré un tel constat d’échec de la libéralisation du marché, Emmanuel Macron ne défend pas les intérêts de la France. Il se satisfait d’interminables discussions à Bruxelles et d’une proposition de la Commission européenne qui est censée être communiquée fin mars. Très clairement, la présidence allemande de la Commission joue la montre. Elle refuse de faire bénéficier la France de sa rente nucléaire et hydraulique, face à une industrie allemande fragilisée par l’Energiewende, la transition énergétique chère à Angela Merkel qui a abouti à une hausse notable de la production électrique à base de charbon et de lignite.

La problématique est donc claire : la France doit-elle sacrifier ses avantages compétitifs sur l’autel d’une politique européenne bancale et faire subir le poids de cette dernière aux Français dont le pouvoir d’achat est affaibli par l’inflation ? La réponse est évidemment négative.

Il ne s’agit pas de nier l’utilité de réseaux européens d’énergie modernes et efficaces mais de contester un système inique et brouillon qui ne sert pas les intérêts des Français. Nous contestons avec force la passivité du gouvernement français face à cette politique européenne de l’énergie formatée pour répondre en priorité aux intérêts de pays pour lesquels les notions de décarbonation et de lutte contre le réchauffement climatique ne sont que des mots creux.

Meilleur exemple de cette politique cynique: le vaste plan Repower UE, doté de 210 milliards d’euros, qui permet de financer des projets pétroliers en République tchèque, des nouveaux investissements en gaz naturel liquéfié en Allemagne mais pas des projets nucléaires en France ! Un amendement en ce sens, porté par François-Xavier Bellamy, avait pourtant été adopté au Parlement européen (sans les voix du groupe Renew, à une exception).
Mais, lors des ultimes négociations le 14 décembre entre les Etats membres et la Commission européenne, cet amendement a été supprimé. Plusieurs pays de l’Est, dont la Pologne et la Roumanie, qui comptaient sur ce financement européen pour leurs nouveaux projets de réacteurs nucléaires, en sont sortis scandalisés par la passivité de la France face aux pays anti-nucléaires menés par l’Allemagne.


Double visage

Il y a de quoi être inquiet quant à l’intégration de l’électricité nucléaire parmi les modes de production d’hydrogène vert qui doit permettre, grâce à des financements européens massifs, de décarboner les secteurs de l’industrie et des transports lourds. La Commission européenne, présidée par Ursula Van der Leyen, vient de s’y opposer dans le cadre de la présentation de la nouvelle directive européenne sur le gaz…

Comme le général de Gaulle avait su le faire à chaque fois que nécessaire pour préserver les intérêts nationaux, il convient de faire preuve de courage et de sortir du marché européen de l’électricité pour la production électrique nationale et de défendre notre souveraineté énergétique.

Contrairement aux dires de Bruno Le Maire, les échanges avec nos pays voisins peuvent toujours dans ce cas être soumis au cadre européen. Cela signifie un retour au tarif régulé pour les particuliers et les PME, ainsi qu’aux contrats long terme pour les ETI et les grands groupes. Des appels d’offres seront organisés par type de technologie. C’est déjà le cas pour l’éolien et le solaire, permettant un alignement sur le coût à long terme et la fin de la dépendance au prix du gaz de la rémunération du nucléaire et de l’hydraulique (dont les coûts de production sont quasi-fixes). Les consommateurs, comme les producteurs, disposeront ainsi d’une bonne visibilité et d’un juste prix.

Osons retrouver notre indépendance énergétique et dire stop à une politique européenne à double visage. En souhaitant rendre à la France les clés de sa politique énergétique, nous ne nous opposons pas à l’Europe mais à une forme de technocratie partiale qui éloigne les Français de la noble vision de partenariat héritière de la CECA tout en les fragilisant. Il est temps d’agir.

Signataires: Julien Aubert, ancien député de Vaucluse, est président d’Oser la France ; Nathalie Serre, vice-présidente d’Oser la France, est députée du Rhône ; Sébastien Meurant, vice-président d’Oser la France, est sénateur du Val-de-Marne ; Jean-Philippe Mallé, ancien député des Yvelines, est vice-président d’Oser la France ; Patrice Verchère, secrétaire général d’Oser la France, est président de la Communauté d’agglomération de l’Ouest rhodanien, député honoraire ; Thibault Bazin est député de Moselle ; Xavier Breton est député de l’Ain ; Bernard Fournier est sénateur de la Loire ; Philippe Gosselin est député de la Manche ; Guy Teissier est ancien député des Bouches-du-Rhône ; Philippe Vitel est ancien député du Var ; Bernard Carayon est maire de Lavaur et ancien député du Tarn ; Yves Hemedinger est ancien député du Haut-Rhin, conseiller départemental.

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1 COMMENTAIRE

  1. Sortir de tous les schémas Macron, pour commencer, et virons Macron pour suivre. Jugeons le pour le travail pas fait sur le covid, en taule pour qques années, le temps de tout remettre à plat et de repartir avec une équipe sérieuse. Dehors tous ces minets, ces pts marquis et ces bras cassés.

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