Quand les députés “En Marche” détournent 465 millions d’euros pour l’aide à l’agriculture européenne pour la donner aux migrants en Turquie

Les réfugiés syriens massés à la frontière entre la Turquie et la Grèce ont fait l’objet de toute l’attention géopolitique au Parlement européen ces derniers jours. C’est ainsi que les parlementaires « En Marche » ainsi que les parlementaires de gauche (écologiste et socialiste) ont accordé à chèque de 485 millions d’euros à destination de la Turquie, qui vient s’ajouter aux 6 milliards d’euros déjà versés à ce pays, depuis que la Commission l’a souhaité en mars 2016.
Scandale supplémentaire, cet « argent magique », contre lequel a voté la Droite, était en réalité prévu pour contenir de futures crises agricoles, à hauteur de 465 millions d’euros (Atlantico, 14 juillet 2020).


Erdogan toujours plus menaçant

Ce large plan d’action, autrement dénommé «pacte migratoire» est présenté comme «le plus important programme humanitaire dans l’histoire» de l’Union européenne, selon Janez Lenarčič, le commissaire européen à la Gestion des crises depuis décembre 2019.
Il se décline théoriquement en actions d’organismes rattachés aux Nations Unies, à la Croix Rouge et au Croissant Rouge. Mais également à donner des cartes de retrait aux réfugiés et demandeurs d’asiles dans la zone tampon avec l’Europe, qui concernerait 1,7 millions de personnes. Le commissaire fait clairement entendre que l’argent continuera de couler, quoi qu’il en coûte:

«L’UE soutiendra les réfugiés en Turquie tant que les besoins humanitaires persisteront. Ce nouveau financement montre notre profonde préoccupation pour les plus vulnérables (…) Grâce au partenariat entre les organisations humanitaires, les autorités turques et l’UE, nos programmes humanitaires aident les réfugiés à répondre à leurs besoins fondamentaux et à préserver leur dignité» (Janez Lenarčič)


De l’argent à gogo de la part de gogos

Mais l’utilisation de tout cet argent dans les mains du nouveau sultan Erdogan porte à caution.

Il faut dire que le Président de la République « islamisée » turc a manifesté vis-à-vis de l’Europe et de l’Occident en général une attitude belliciste accrue ces dernier mois. Cela passe par un viol d’embargo sur les armes vendues à la Libye ce qui est contraire aux résolutions de l’ONU, mais également au travers de manoeuvres d’intimidation de frégates de la marine française le 10 juin dernier (Les faits par Wikipédia).

Erdogan utilise par ailleurs la peur des grecs et des chypriotes de voir arriver des centaines de milliers de réfugiés sur leur territoire. La Turquie, compte actuellement 4,5 millions de réfugiés, dont 3,5 millions de Syriens. (Le Figaro, 2 avril 2020)
Par ailleurs, outre son appétit territorial, parachevé par des activités de forage illégaux dans la zone économique exclusive (ZEE) grecque et chypriote, Ankara a également envoyé un bras d’honneur aux instances internationales en convertissant Sainte-Sophie en mosquée (Notre article)


Une paralysie européenne ?

Le 4 mars 2020, les 27 ministres de l’Intérieur des pays de l’Union européenne rejetaient déjà «fermement l’usage par la Turquie de la pression migratoire à des fins politiques» et dénonçaient «la situation aux frontières extérieures de l’EU» comme «pas acceptable». (France Info)

Il y a 3 jours, le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Dendias, réclamait des sanctions «paralysantes» à l’encontre d’Ankara. Mais cela nécessiterait un accord des 27, et l’Allemagne a d’ores et déjà exprimé l’idée qu’elle ne souhaitait pas de conflit avec la Turquie.


Lire aussi: la position de François-Xavier Bellamy sur la Turquie

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