Christian Jacob esquisse les trois axes du projet LR: liberté, autorité et progrès

Le patron des Républicains, Christian Jacob, interrogé avant le rendez-vous de la jeunesse du Parti à Port Marly, a fustigé l’attitude de Christian Estrosi de vouloir se ranger derrière Emmanuel Macron pour la Présidentielle (notre article). C’est à contre-temps du sondage récent qui dit que 73% des français souhaitent un candidat LR.
Alors que Le Figaro croit savoir aujourd’hui d’après des confidences de son entourage que Baroin n’ira pas (NDLR: selon un de ses proches, « Baroin, la présidentielle, ce n’est pas sa vie« ), les appétits s’aiguisent déjà en coulisses en voyant la faiblesse de Macron. 68% des français déclarent aujourd’hui ne pas vouloir revivre le duel de 2017 entre Macron et Le Pen.

Le patron des LR considère que Macron n’a pas été capable de réaliser les transformations les plus importantes pour le pays.

« Emmanuel Macron est rejeté par toute une partie de l’opinion publique, où il a montré son incapacité à porter quelque réforme de structure que ce soit. Il a été incapable de porter une politique de sécurité pour les Français et n’a pas réussi à s’ancrer territorialement. »

Christian Jacob, dans le Parisien

Le candidat de la droite, ou le candidat des Républicains?

Sur la désignation du candidat de la droite, tandis que le président des députés LR Damien Abad, considère que «la droite ne peut pas faire fi de la candidature de Xavier Bertrand» et rappelle à ceux qui s’impatientaient que Macron a été un candidat tardif, avec le succès que l’on sait (Le Talk Figaro, 04/09/2020), Christian Jacob dit vouloir privilégier le travail sur les idées (voir notre compte-rendu des forums thématiques sur l’école et l’ascenseur social):

« Je crois à la force du projet. Après, soit une personnalité se dégagera naturellement – ce qui serait la solution idéale — soit il faudra trouver un processus de départage. (…) le sujet [NDLR: de la désignation du candidat] se posera au printemps prochain après les élections départementales et régionales de mars ».

Christian Jacob, op cit.

Selon le maître de conférences en Droit public à l’université Paris II Benjamin Morel, interrogé par le Figaro, le candidat de la droite aura les coudées franches: « L’électorat de droite est majoritairement marqué, au moins dans son rapport au pouvoir, par le bonapartisme. Dès lors que le chef est désigné, son aura fait qu’il doit être obéi, et son charisme supposé impose la discipline« .


« Le ‘en même temps’ est l’assurance de l’immobilisme »

Sur le plan de relance :

« Ce plan de relance arrive tard. On aurait dû le faire avant l’été, ça permettait aux entreprises d’anticiper davantage. Ensuite, je me méfie toujours de la valse des milliards. D’où vient cet argent? Ce que vous ne faites pas payer au bénéficiaire, vous le faites payer au contribuable. Il va y avoir un sacré matraquage sur ceux qui paient des impôts. »

Christian Jacob, op cit.

Sur le pas de deux sur l’ensauvagement et le sentiment d’insécurité effectué par l’exécutif, Damien Abad affirme que «commence par un discours de droite et finit par une réalité de gauche». Enfin sur la nomination de Français au Haut-Commissariat au Plan, Christian Jacob est cinglant. Il estime que « Ce n’est pas à 20 mois de la présidentielle que l’on se lance dans un projet de planification. »

Trois « piliers » pour la refondation des LR, selon Christian Jacob

1) La liberté, notamment d’entreprendre. Il faut revoir le temps de travail, la flexibilité, le coût du travail.
2) L’autorité dont on voit qu’elle n’est pas incarnée au sommet de l’Etat. (…) Sur la sécurité et la laïcité, le gouvernement ne fera rien, strictement rien.
3) Le progrès. La droite doit promouvoir la recherche, la science, le fait de coupler au principe de précaution le principe d’innovation.

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