Au Royaume-Uni, une prof d’université, militante LGBT, démissionne sous l’accusation fallacieuse de transphobie

Les « woke » (éveillés en anglais) ont réussi à éliminer l’une de leur détractrices les plus emblématiques à l’Université de Sussex (au Sud-Est du Royaume-Uni). Il s’agit de Kathleen Stock, blogueuse, professeur de philosophie et lesbienne revendiquée dont le combat pour les homosexuels n’était pas assez « pur » aux yeux de la frange la plus radicale de la mouvance universitaire LGBT.

Ce que lui reproche ces extrémistes ? D’avoir osé dire la primauté de la nature sur la culture, en expliquant dans un livre récent (Material Girls. Why reality matters for feminism) qu’une femme transgenre, née homme, n’est pas une femme, du fait sa réalité biologique.

« Material Girls est une critique opportune et tranchante de la théorie influente selon laquelle nous avons tous un sentiment intérieur connu sous le nom d’identité de genre, et que ce sentiment est plus important socialement que notre sexe biologique. Le professeur Kathleen Stock passe en revue les idées philosophiques qui ont conduit à ce point, et interroge chacune de près, à partir de la déclaration de De Beauvoir selon laquelle « On ne naît pas femme, mais on le devient » (une affirmation qu’elle soutient avoir été mal interprétée et réorientée), à l’affirmation de Judith Butler selon laquelle le langage crée la réalité biologique, plutôt que de la décrire. Elle examine le sexe biologique dans une gamme de contextes importants, y compris les espaces et les ressources réservés aux femmes, les soins de santé, l’épidémiologie, l’organisation politique et la collecte de données.
Material Girls présente un cas clair, humain et féministe pour que nous conservions notre capacité à discuter de la réalité, et conclut avec une vision positive pour l’avenir, dans laquelle les militantes des droits trans et les féministes peuvent collaborer pour atteindre certains de leurs objectifs politiques ».

Mot de l’éditeur, 2021

Refus du dialogue

Suite à cette publication, dès janvier 2021, elle subit une campagne intense de dénigrement impliquant six cent universitaires acquis à la cause « woke ». Au lieu de se confronter à elle sur des bases rationnelles, ses contempteurs ont profité de la lâcheté de son établissement pour lui faire vivre une véritable mort sociale sur l’autel d’une prétendue transphobie.

Harcelée par ses étudiants, avec son nom placardé dans les couloirs de l’Université, elle a fini par lui faire abandonner son poste ce mois-ci. Kathleen Stock dénonce depuis « les groupes EDI (“Égalité, diversité et inclusion”) (qui) bombardent les professeurs et les étudiants d’initiatives : surveiller de près le matériel pédagogique pour le langage «insensible», faire preuve de «bienveillance» et «d’inclusivité», émettre des avertissements de déclenchement » (BBC). Autrement dit, la chasse se fait en meute.

«Qu’est-ce qui a changé sur le campus au cours de la dernière décennie ? C’est la façon dont la technologie – le plus évidemment les médias sociaux – a permis à quelques étudiants ayant des tendances totalitaires d’avoir un effet dissuasif disproportionné sur tous les autres.»

blog de Kathleen Stock

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