The lancet fait son mea culpa sur l’étude de la chloroquine

L’étude du Lancet du 25 mai 2020 portant sur l’utilisation de la chloroquine et de son dérivé dans la prise en charge des patients atteints de Covid-19 a entraîné la suspension des 16 essais cliniques en France. Cette étude conclue à une augmentation du risque de décès et d’arythmie cardiaque. Devant la méthodologie employée, une lettre ouverte rédigée par plus de 100 scientifiques à travers le monde a ainsi obligé la revue britannique à publier un erratum à propos d’une erreur de codage.

L’étude du Lancet devait être le juge de paix, tant cette revue est prestigieuse. Résultat, l’emballement médiatique ressurgit de plus belle : l’ANSM a immédiatement demander de suspendre les essais cliniques en cours et le décret autorisant la prescription d’hydroxychloroquine à l’hôpital, hors essais cliniques fut abrogé dans les heures qui suivirent.

En réponse à cela, plus de 100 médecins et scientifiques ont publié une lettre ouverte pour critiquer l’étude parue dans The Lancet. On pourra citer Annane Djilalli, de l’UFR des Sciences de la Santé Simone Veil, comme signataire. Les principaux griefs sont l’absence de données sur les hôpitaux pris en compte dans l’étude et le fait que les prescriptions de chloroquine ou d’hydroxychloroquine dans certains pays leurs semblent incompatibles avec la réalité, par exemple un hôpital d’Australie est comptabilisé en Asie!!! Ils ont aussi demander l’accès aux données brutes pour plus de compréhension.

Résultat : the Lancet reconnaît une erreur de codage et la publication “d’un tableau de données redressées en lieu et place de données bruts”. Le correctif explique que des morts attribués à un hôpital australien auraient dû être comptés en Asie. Les conclusions, pour l’instant, restent néanmoins identiques.


Le Professeur Philippe Froguel soutient le professeur Raoult sur le fond de l’étude

Professeur au CHU de Lille et à l’Imperial College de Londres, il est une sommité dans la sphère scientifique pour ses travaux sur le diabète. Voici ce qu’il dit de l’étude du Lancet (France Info – 28 mai 2020)

« L’article de The Lancet pose de gros problèmes. Les données sont trop bizarres, pas fiables. On ne sait même exactement d’où elles viennent comment ils se les sont procurées. Du coup, les conclusions ne peuvent pas être fiables. The Guardian avait bien vu tous ces problèmes. Ce papier est une merde en grande partie fabriquée par une firme inconnue qui voulait se faire de la pub ». 

Le Professeur Raoult s’exprimait en ses termes suite à la publication du Lancet :

 “Il n’est pas possible qu’il y ait une telle homogénéité entre des patients de 5 continents différents. Il y a manipulation préalable, non mentionnée dans le matériel et méthodes, ou ces données sont faussées”

Catherine Hill, épidémiologiste, biostatisticienne, ancienne chef du service de biostatistique et épidémiologie de l’institut Gustave Roussy à Villejuif.

L’idéal, c’est d’avoir plusieurs essais, dans lesquels après tirage au sort, la population est divisée en deux. L’une reçoit le traitement expérimental et l’autre un traitement placebo. Le comité de surveillance surveille les résultats, mais les investigateurs ne savent rien. A la fin, on publie les résultats. « On peut faire des études d’observation, comme c’est le cas avec l’étude Lancet, c’est-à-dire un recueil de données des patients, dans ce cas avec l’hydroxychloroquine. On n’est pas certains que ces patients sont pareils ».


Encore quelques ombres au tableau…

  • Deux hôpitaux qui ont enregistré le plus grand nombre de décès en Australie n’ont pas été intégrés à l’étude
  • La prescription d’HCQ aux Etats Unis est plus proche de 500 que 600 mg (2/3 des participants à l’étude)
  • Il est impossible de savoir quels sont les outils statistiques employés par la Société Surgisphere (logiciel de compilation des données)
  • La base de données exploitée par Surgisphere semble n’avoir jamais été utilisée par aucun chercheur – y compris les auteurs des travaux du Lancet avant mai 2020.

Djillali Annane, un des signataires de la lettre ouverte, Responsable à Garches d’un essai européen avec la chloroquine conclue: « Nous sommes donc encore au milieu du gué« , car The Lancet n’a pas encore répondu aux autres questions, qui reste en suspens.

La suite, dans notre prochain épisode!

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